Tout a commencé en 2017 par une idée simple : transformer un espace « vert » du campus Jean Zay en un lieu de respiration. Validé par le CRHSCT (Comité Régional Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail) de la DR06, le jardin Vert-Tige est devenu bien plus qu’un espace de culture : c’est une clairière de bien-être, un « lieu de lien tranquille » au cœur de nos vies professionnelles.
Un laboratoire de biodiversité à ciel ouvert depuis 2018, le jardin vit au rythme des saisons, des envies, des expérimentations et des réseaux :
- Point de collecte officiel du programme CiTIQUE, soutenu par les kits et l’expertise du CPIE de Champenoux — véritable ancrage local du réseau « Tous Chercheurs » — le jardin fait dialoguer la pratique du sol et la rigueur scientifique. Ici, nous apprenons que la recherche ne se limite pas aux laboratoires : en participant à la collecte et à l’observation, nous devenons toutes et tous des chercheurs en herbe, acteurs d’une science citoyenne qui, à l’image du vivant, se cultive ensemble.
- Des ateliers de semis avec la MJC Nomade aux nichoirs en cours de préparation avec la LPO, nous apprenons à « écouter chanter les arbres » et à partager l’espace avec la faune notamment sauvage qui traverse le campus.
- Dans le prolongement des travaux initiés en 2022 par les étudiants de l’ENSAIA, sous l’égide d’Appoline Auclerc et Clotilde Roussel, le Vert-Tige s’affirme comme un laboratoire à ciel ouvert où la richesse de notre sol devient matière de réflexion. Dès l’origine, le projet portait en germe cette ambition : documenter notre pratique pour en faire un savoir intelligible, en résonance naturelle avec les missions de l’Inist-CNRS sur le traitement et la valorisation des données. Si ce travail de structuration reste une perspective à construire, il témoigne d’une volonté de bâtir une gestion intelligente, capable d’essaimer bien au-delà de nos clôtures. Car le jardin évolue dans une constellation vive au CAES — de Cronenbourg à Orléans, de Bellevue à Annecy entre autre et jusqu’au Japaden de la Faculté des Sciences en proximité. Chaque site affirme sa singularité, mais tous peuvent se lire au prisme d’un horizon commun : fédérer un réseau national des jardins de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, une communauté qui « fait réseau ».
- Jardiner avec la nature, jamais contre elle. En pratiquant la pensée de Gilles Clément, qui a lu l’écosystème du Vert-Tige lors de sa visite le 10 mars 2025, nous avons fait de notre jardin un véritable « Tiers-Paysage » : un espace de résistance où l’on laisse le vivant s’inventer. C’est une coopérative vivante, un héritage de liberté que nous offrons aux générations futures du CNRS. En laissant le vivant s’exprimer sur ces terres qui portent désormais le nom de Jean Zay, nous faisons vivre son exigence première : l’émancipation par la connaissance. Nous ne faisons pas que jardiner ; nous entretenons, au cœur de notre campus, cette flamme de curiosité que Zay a élevée au rang d’art de vivre. Ici, la nature et la pensée se rejoignent pour ne former qu’un seul horizon : celui d’un avenir à inventer ensemble, où la liberté, tout comme le vivant, ne se contraint pas, mais se cultive comme le plus précieux des biens communs.